TF1. Juillet 2006. 3 min 12. Un régal, une ovation, un triomphe. TF1, la chaîne de Sarko. Les UMPistes sont géniaux. Je vous aime.

Qui veut gagner un neurone ?
Et un autre, magnifique aussi. Je sais pas s'il est de l'UMP, mais je serais hyper déçu si ce n'était pas le cas.
Lucas, mon héros

Gyllenhaal : un truc qui fait crac boum hue
Festival de Cannes oblige, après la reine de cérémonie Diane Kruger, on parle encore et toujours des nouvelles stars hollywoodiennes qui sont nées sur grand écran dans les années 2000, et qui forment la relève du cinéma américain, et l'on reste dans l'actualité de l'évènement cinématographique dans le Sud de la France, avec, aujourd'hui, le portrait de Jacob Benjamin Gyllenhaal, alias Jake Gyllenhaal (ça fait quand même plus sex).
Au cas où vous ne le sauriez pas encore, Jake Gyllenhaal (que l'on appelera JG pour des raisons phonétiques et de tapage-du-nom-un-peu-relou-sur-le-clavier) est à l'affiche du nouveau David Fincher, le réalisateur le plus génial de ces dernières années (avec Paul Thomas Anderson), auteur des chefs-d'oeuvres Se7en, Fight Club et Panic Room. Que vous croyez ou non en l'astrologie (mouahaha, eh oui il fallait la faire), Zodiac a tout l'air d'être sérieusement calibré pour satisfaire plus d'un cinéphile averti et exigeant. Mieux encore : le film est sorti en salles hier, donc était visionnable en même temps qu'au festival de Cannes. Comme si vous y étiez, qu'on vous dit.
Mais avant de se retrouver devant la caméra du réalisateur-maître ès suspens Fincher, le petit JG a un joli parcours. Né en 1980, le petit Jake vient d'une famille de pros du spectacle, et a pour marraine Jamie Lee Curtis (la chaaaance). Premiers pas à l'écran, première montée sur les planches, premiers cris post-pubères dans un groupe de rock, le beau brun mène tout cela de front jusqu'à ses 20 ans, sans énorme succès. Sa soeur, Maggie Gyllenhaal, dont nous parlerons prochainement, se lance dans la même aventure que lui, et joue à ses côtés dans Donnie Darko, premier OVNI de l'acteur.
Le film est une superbe chronique mysticophysique où le jeune Jake, alors âgé de 22 ans, (d)étonne de maturité et de densité dans son rôle de gamin sociopathe qui voit des lapins méchants. Il remporte un joli succès, classé dans la catégorie "Film indépendant supra-hyper-tendance", et l'expression "A star is born" prend littéralement tout son sens. On le retrouve ensuite dans The Good Girl, aux côtés de Jennifer Aniston, une histoire sentimentale à l'amertume et l'intelligence peu courantes, mais au public ultra-select. Un bon point sur le CV, pas de point côté box-office. Peu importe : JG exploite le filon des petites productions US en jouant de son physique d'ange et de sa fragilité apparente. Ben oui, c'est quand même rare les beaux gosses qui ne doivent pas se foutre torse nu à chaque apparition et qui privilégient la consistance de leur rôle à leur potentiel séduction.
Mais bon, quand même, il faut bien aussi se remplir les poches et se faire connaître du grand public : Le jour d'après, film-catastrophe pas trop mal ficelé et peace & love au dernier degré, tombe à pic. Désormais, JG est définitivement entré dans la catégorie "belle gueule", et l'on entend des "Jaaaaaaaaake" hystériques à chacun de ses passages sur tapis rouge. Suivent quelques petits films (inédits en France), et arrivent en 2006 les deux films qui consacreront irrévocablement JG : le génial Jarhead (du tout autant génial Sam Mendès), où le brun ténébreux campe un militaire balancé en Irak qui pète les plombs torse nu (comme quoi, on y arrive toujours d'une façon ou d'une autre...) et en bonnet de père noël, et l'ultra-plébiscité Le Secret de Brokeback Mountain, hymne à l'amour gay entre cowboys qui gardent des moutons dans la montage (comment ça réducteur ?). L'un fait campagne contre Bush, l'autre fait campagne aux Golden Globes et Oscars : JG est passé du côté de la force claire, et il le vaut bien. 
Tour à tour mystérieux, culotté, tendre ou torturé, Jake Gyllenhaal sait choisir des rôles atypiques et rebelles, et se frayer un chemin en dehors des sentiers battus des grosses productions hollywoodiennes. L'ex de la ravissante Kirsten Dunst a aujourd'hui 26 ans : pas de souci à se faire, il a encore beaucoup de belles choses devant lui, à commencer par sa participation au film Rendition, de Gavin Hood, où il partage l'affiche avec Reese Witherspoon, Alan Arkin (le papi obsédé de Little Miss Sunshine) et Meryl Streep. Fermez votre bouche, et ravalez votre salive, j'vous ai vu. Y A QUE MOI QUI PEUX BAVER SUR LUI !








Mr. Evans : Macho macho macho man
Il vient d'être sacré "Homme le plus beau du monde" par le mensuel gay M, se retrouve systématiquement torse nu à chacun de ses passages à l'écran et en fait trembler plus d'un avec son sex appeal : il s'agit de Chris Evans, alias la Torche des 4 Fantastiques, la nouvelle bombe US.
Le grand atout de Mr. Evans, c'est de n'avoir fait (quasiment) que des films nuls, tout en réussissant aujourd'hui à se faire payer quelques millions pour chaque nouveau contrat. Son secret ? Une gueule de bad boy, des yeux bleus à l'infini et un corps de rêve. Non, bien sûr, il n'y a pas QUE le physique dans la vie, "il y aussi la beauté intérieure" vous dira Mamie Jacquotte. N'empêche, Evans, il compte quand même pas mal sur sa belle tronche.
Jugez plutôt ses débuts : Sex Academy (nul), Perfect Score (super-nul), Cellular (archi-nul). Avec un tel tableau des honneurs, on comprend même pas comment il fait pour être encore en vie.
Oui mais voilà : comme beaucoup d'acteurs et actrices, c'est grâce à un rôle dans une bonne grosse production programmée pour cartonner au box office qu'Evans a réussi à se faire un (petit) nom. La grosse prod en question ? Les 4 Fantastiques, un des multiples bébés Marvel. Aux côtés de Jessica Alba (en blonde aux yeux bleus,
dans le genre ineptie on fait pas mieux), il combat pour la veuve et l'orphelin, et accessoirement pour bousiller la tronche au méchant Fatalis. Un autre navet, qui prend son temps pour camper les personnages mais laisse présager de bonnes choses pour sa suite (comment ça ? vous n'avez pas ENCORE entendu parler des 4 Fantastiques et le Surfer d'Argent ?). Bref, le film rapporte gros, et les pectoraux d'Evans ravissent la Terre entière.
Depuis, il a eu UN rôle dans un film un peu sérieux (Sunshine, dont je vous parlai samedi), a doublé un animé (TMNT - Les tortues ninja new generation new style new tout ce que vous voulez) et est inscrit au générique de The Nanny Diaries, des réalisateurs Shari Bringer Berman et Robert Pulcini (American Splendor) en amoureux de Mamzelle Scarlett, l'autre bombe du moment. Bref, c'est chaud, c'est très chaud, et ça risque pas de refroidir avec cette série de photo amoureusement choisie pour vous... Et quand je vous dis qu'il se trimballe en permanence le bide à l'air ! C'est la raison pour laquelle son attaché de presse lui a conseillé d'arrêter illico presto les démonstrations abdominales pour se concentrer un peu plus sur sa carrière... Arf.


1) Si vous avez aimé "Le diable s'habille en prada", réjouissez-vous : "Ugly Betty", ce sont les mésaventures d'Andy (Anne Hathaway) face à Miranda (Meryl Streep) étendues sur 18 épisodes (le 19ème est en instance de téléchargement hihihi) de 45 minutes, avec moins de sucre et bien plus d'acide. La patronne (qui n'a pas besoin de s'habiller en prada pour être la pire des monstres), son assistant gay (langue de vipère au dernier degré) et l'assistante de direction (une mégère) s'y mettent à trois pour faire comprendre à Betty qu'il vaudrait mieux pour elle qu'elle s'auto-enterre et mange ses yeux assaisonés au gingembre plutôt que de continuer à bosser pour le magazine "Mode". Genre à côté Miranda c'est mère Teresa qui vient de se faire un splif.
2) Parce que l'assistant gay et l'assistante de direction en question forment le duo le plus drôle de la galaxie. C'est bien connu : plus c'est méchant et gratuit, plus on rigole.
3) La série repose avant tout sur ses personnages, tous bradzingues et délurés, aux couleurs éclatantes : forcément, quand les électrons se frottent, ça pique. Et dans "Ugly Betty", chaque dialogue est sujet à explosion immédiate.
4) Je le redis : je n'ai jamais autant ri de ma vie devant une série ou un film (à part peut-être devant "Le père noël est une ordure", mais rien à voir) : c'est-à-dire que ça commence par les cordes vocales qui s'excitent et me font sortir des sons pas très cathodiques, et ça finit par un tapage féroce sur les cuisses, ou même un besoin de l'éloigner de l'écran, debout, pour prendre l'air après l'apoplexie et le teint violet. Vraiment, vraiment, VRAIMENT drôle.
5) Le neveu de Betty : lui aussi, gay. Quand il se tape pas la chorégraphie de "Hairspray" dans le métro, il te récite la liste des dernières robes de Lagarfeld et peut te dire de quelle saison date tes pompes. Petite précision : il a 12 ans.
6) Le soap latino qui passe une fois par épisode dans la tv de chez Betty : un feux de l'amour version mexico, où c'est toujours l'histoire d'un prêtre qui n'a pas respecté ses voeux... Troooop drôle.
7) Chaque épisode commence avec la tête de Betty (c'est-à-dire qu'il faut quand même se la taper, sa tronche) en gros plan pendant 3 secondes, puis bam, comme un couperet, "UGLY BETTY" tombe sur l'écran sur fond rouge et jaune, comme une sentence. Indescriptible en fait, faut le voir pour se rendre compte. Mais d'une cruauté sans nom.
8) Parce que justement ça allie parfaitement cruauté, second degré, et bons sentiments : Betty est la seule, dans l'univers impitoyable de la mode et du journalisme, à être 100% honnête, à assumer tout ce qu'elle fait, dit, rate, oublie. Résultat : c'est celle qui s'en tire le mieux. Ouf, la morale est sauve, on peut aller coucher Pimprenelle et Nicolas. Mais au passage, la morale en question en aura pris pour son grade...
9) "Ugly Betty" s'amuse à multiplier les situations absolument improbables et surréalistes (la patronne qui s'injecte du sperme de canard dans la tronche en guise de lifting, les hommes reviennent en femme, l'assistante de direction porte une robe qui l'empêche d'aller aux toilettes, j'en passe et des meilleures) mais qu'on est plus ébloui par l'inventivité délirante et la drôlerie contagieuse de cette série que par son côté complètement artificiel.
10) Il faut quand même faire la révérence devant une actrice, en l'occurence America Ferrera, qui accepte de s'enlaidir à ce point pour jouer le rôle d'une fille mal-fagottée, qui se blondit la moustache, porte les vêtements de son arrière-arrière-arrière-grand-mère et porte un appareil dentaire bleu. Le plus marrant, c'est qu'avec ce lourd passif, elle arrive quand même à se faire respecter dans un univers où apparence-gloire-beauté est le sacro-saint dogme. "Ugly Betty", c'est meilleur qu'une barre de "Lion" boostée aux protéines et une caisse de juvabien-juvamines pour avoir la pêche : c'est de la dynamite pour zygomaties.
En attendant l'épisode 19, j'ai presque envie de me refaire les 18 premiers... Betty, ma nouvelle héroïne. La relève d'Ally McBeal est faite (balèse, quand on me connaît).
La patronne (celle du canard)

America Ferrara "normale" (oui, il y a une différence notoire)
Promo de la saison 1
America Ferrera aux Golden Globes
Son boss (sooooo sex)

Mon amour est blond, il a les yeux bleu, les cheveux bouclés.
Il est débile, raconte n'importe quoi, n'écoute jamais ce qu'on lui dit.
Mon amour désobéit toujours à la maîtresse, et se dit être le digne descendant de Spiderman.
Il délire complètement, vit dans un autre monde où Flash McQueen, Azur, Asmar et les muppets sont ses meilleurs potes.
Quand ma maternelle psychote et l'emmène voir un psy parce que la maîtresse lui a dit qu'il était "débile" (véridique), moi je lui dis : "Continue de ne pas écouter le dragon, c'est une conne". Il a répété ce joli mot toute la journée, certes, mais au moins il a compris.
Des fois il se met à rigoler pour rien. Tu lui dis "caca" et il crache toute sa soupe. Et si d'aventure on décline le "caca" en question avec tous les objets et meubles à portée de main (caca de porte, caca de chaise, caca de carotte etc...), c'est l'explosion digestive.
Qu'est-ce qu'il est bête. Mais c'est ça que j'aime le plus chez lui : il fait croire qu'il est con comme une serpillère, alors qu'il comprend tout et sait toujours de quoi on parle.
Je suis méga super fier de lui. C'est même plus que ça : c'est la seule personne que je pense pouvoir aimer de façon inconditionnelle. Même si ma maternelle ne veut pas que je le voie parce que j'aime un garçon, je sais qu'il m'aime et pense à moi (surtout parce que je lui ai piqué le DVD de "Cars" il y a un mois et que je lui ai toujours pas rendu).
Quand il était tout petit, encore plus petit que ce qu'il est petit maintenant, donc c'est-à-dire vraiment petit de chez petit, il m'a pris une fois dans ces bras, et m'a assené pendant 30 secondes "eu tem, eu tem, eu tem, eu tem". J'ai mis lontemps à comprendre, mais quand j'ai saisi,j'étais comme ça :
Qu'est-ce qu'il est beau. C'est incroyable. je suis complètement amoureux de lui. Je sais que mon amour pour lui n'est pas sain (on a les névroses qu'on peut), mais je m'en fous, parce que je tiens trop à ce petit bonhomme pour changer mon attitude envers lui.
Et j'ai envie de vomir quand j'entends que les homos n'ont pas le droit d'être parent. D'une certaine façon, Jean, c'est comme mon fils. J'y tiens comme à la prunelle de mes yeux, c'est la personne qui compte le plus pour moi sur terre. Je ne sais pas si je connaîtrai un jour la joie d'être père, en attendant je prends ce qu'on me donne. Et je pense qu'on devrait donner aux homos le droit d'avoir un enfant. Quand je vois des pères tabasser leurs gosses, des mères leur foutre des baffes, des parents divorcer et casser la vie de leurs enfants... Je me dis que personne n'est parfait, et que je devrais avoir le droit, si je fais ma vie avec un homme, d'éduquer un enfant.
Je suis le premier à être adepte de la psychologie (si tant est que cela signifie quelque chose), des théories oedipiennes et tutti quanti. Mais vraiment, entre deux pères ou deux mères qui font leur possible pour s'occuper d'un enfant et un couple hétéro, je ne vois pas la différence. Comme si, en plus, la vie sociale d'un enfant se résumait au contact avec ses parents. Absurde ! Le reste de la famille, les amis... Je ne souhaite pas particulièrement évoluer dans un microcosme social gay, manger gay, respirer gay toute la journée. Incroyable mais vrai : je peux être ami avec des hétéros. Et dans la construction de ma sexualité, je ne pense pas que mes parents aient été mon unique référent, bien au contraire.
Il faut arrêter avec cette question de l'inné et de l'acquis, prétexte pour que les homos ne puissent adopter d'enfant : mon copain vient d'une famille bourge et catho tout ce qu'il y a de plus traditionnel, cela ne l'empêche pas d'aimer les garçons. Je trouve ça complètement con, cette logique eugéniste qui consiste à catégoriser les gens en permanence. C'est pour cela que je n'aime pas qu'on me dise que je suis "bisexuel" parce que je suis attiré par les garçons et les filles. Quand je sors avec une fille, on me dit "hétéro", quand je sors avec un mec, on me dit "homo", et quand je dis que je suis attiré par les deux, on me dit "bisexuel". Je n'aime vraiment pas les étiquettes.
Mon amour blond aux yeux bleus, je ferai tout, tout, tout pour qu'il soit heureux, pour l'aider à évoluer dans la vie et qu'il trouve sa place dans la société. Cela me semble être le rôle premier des parents, et je compte bien m'y atteler. En attendant qu'on arrive, comme tant d'autres pays, à la légalisation du mariage homosexuel (parce que, de toute façon, on va y arriver un jour ou l'autre, c'est sûr), je regarderai et aiderai mon amour à bouclettes grandir, et je me ficherai de ce qu'on peut bien en dire.

Ce weed-end, c'était Monaco, syouplé. Hôtel 4 étoiles au bord de la plage, repas princiers, rencontres riches et beaux échanges... Un régal de bout en bout. En plus, y a moyen que j'aille dans les coulisses de la Nouvelle Star grâce à un Monsieur super gentil... Si jamais ça se fait, vous inquiétez pas, je vous ferai un rapport... Affaire à suivre !
Pour ceux qui connaissent pas la principauté monégasque, l'architecture de la ville, c'est quelque part entre Disneyland et la Baule, mélange de chic et toc, de maisons de poupées style Angleterre du XVIIIème et d'immeubles à rallonge tout droit sortis des cités. A Monaco, la baguette de pain coûte 5 euros, les porsches remplacent les twingos, on a le droit de manger autant de pains au chocolat qu'on veut au petit déj à l'hôtel... Bref, la classe.
A Monaco, "Monseigneur" (le prince Albert II) est édifié en statue vivante, les flashs crépitent quand Astrid Veillon rentre dans la pièce (comment ça "qui ?"), et on est reçu "comme des papes" (dixit Jean-Christope Grangé - toujours la classe).
A Monaco, on est d'abord monégasques, ensuite français.
A Monaco, y a des caméras dans la rue (le taux de criminalité est le plus faible de France - en même temps les criminels à Monaco ils font partie de la mafia), et ils ont "une des plus belles prisons du monde", comme le dit la dame du taxi (c'est limite si elle dit pas qu'ils sont heureux en prison les taulards).
A Monaco, même si c'est un peu surréaliste, soooo décalé et limite dans un autre espace intersidéral, on aimerait bien y revenir l'année prochaine. Parce que quand même, c'est pas tous les jours qu'un réalisateur (en l'occurence Peter Webber) vous donne son adresse mail.
Un garçon. Brun.
Un garçon plutôt grand, plutôt mince, plutôt pas moche.
Un garçon qui a tout pour plaîre au premier abord. Sympa, drôle, vivant, sportif, cultivé mais pas élitiste, doux mais pas mou.
Un garçon qui bosse dur, qui a fait des choix pas toujours faciles, hyper sensible, un peu idéaliste.
Ce garçon atteint un jour un ses buts. Il avait pas mal de trucs qui lui plaisaient, mais y en avait un en particulier. Ca tombe bien, il tombe dedans façon marmite de potion magique, et il prend des forces. Il se fait une bonne petite place, se fait remarquer par les autres. Il fait du bon boulot, est souriant, dynamique, motivé, dévoué. Il prend des responsabilités.
Il avait déjà bossé avant dans une boîte. C'était pas toujours facile, mais ça lui déplaisait pas. C'était pas toujours hyper folichon, mais il s'était fait sa petite place. Il sait à quel point les places sont chères. Alors il se plaignait pas. Mais bon, cette boîte, c'était pas fait pour durer. Il a fait des études, bac + 4 et tout. Il a voyagé, il parle bien des langues étrangères. Il avait un petit rêve en tête, et il se disait que peut-être, un jour, qui sait ?
Puis il a connu quelqu'un. Là aussi, la place était chère. Il a pas mal souffert. Alors il a pris les choses en main, et il est parti. Il a fait le point. Puis il est revenu, et il s'est bougé les fesses. Il s'est dit que c'était trop con de pas tenter sa chance, lui aussi. Alors il l'a tentée, et ça a marché. Il fait aujourd'hui ce qu'il aime. Plus ou moins. Parce qu'il est jeune, et que bon ben faut bien commencer quelque part. Mais il sait qu'il va grimper. Il grimpe déjà, d'ailleurs.
Il a de plus en plus de responsabilités. Les choses sont de plus en plus sérieuses. Avec le boss, ça se passe super bien. Il a des collègues. Là, ça dépend des jours, comme pour tout le monde. Il a des subordonnés aussi. Et là, c'est pas forcément génial.
Parce qu'il a beau savoir que les places sont chères, il se gêne pas parfois pour s'assoir sur les autres. On dirait presque qu'il a oublié d'où il vient. Il prend les choses à la légère, avec un ton narquois. Il a une idée fixe sur les choses, et il faut surtout pas le bousculer. On lui donne la main, il prend le bras. Il inverse les choses. Il s'énerve pour des petits trucs. Il se prend pas pour n'importe quoi.
Qu'on lui parle de "communication en entreprise" ou de "respect", et il vous rit au nez. Insupportable. Le garçon qui était sympa, drôle, humble, devient putassier, agressif, sourd. Il fonce dans le tas, comme un bulldozer. Il charge les missiles et les rockets. Chboum. Chboum. Il vous en envoie plein la gueule.
Il manipule son p'tit monde. Il monte les gens les uns contre les autres. Il est content dans l'excessif, il jubile dans le conflit.
Après sa journée de boulot, il rentre chez lui. Seul. Il se réchauffe un plat Picard dans le micro-onde, et se pose devant la télé. Il espère qu'untel ou un autre lui envoie un petit texto. Mais l'heure avance, les émissions défilent, et pas de vrombissement du portable sur la table basse. Juste le son du présentateur télé qui a retrouvé Jean-Paul pour Marie qui l'avait perdu de vue depuis plus de 20 ans.
Puis le garçon met un peu de musique, et se pose sur son lit. Il regarde le mur en face où y a une photo de Doisneau, Le baiser de l'hôtel de ville. Il se dit qu'il aimerait être le garçon sur la photo. Embrasser une fille, et suspendre le temps.
Il accorde beaucoup d'importance aux images. Et cette image-là, elle lui plaît beaucoup. Un moment de bonheur, d'intimité, de tendresse, suspendu entre deux mouvements d'ombres. Au milieu de la foule, il se dit qu'il aimerait être celui qui embrasse, ou celui qui est embrassé.
Mais il est seul chez lui, le soir. Il éteint la lumière, il pense à ses parents. Il pense au boulot aussi. Parce que c'est important, pour lui, ce boulot. C'est une chance qu'il a saisie, et il veut pas la perdre. Il bosse d'arrache-pied, et il est très exigeant. Mais il a l'impression, parce qu'il vient d'assez loin, parce qu'il sait ce que c'est que la galère, parce qu'il a souffert et qu'il a trimé pour en arriver là, qu'il peut tout faire, tout dire. Qu'il peut parler comme il veut, faire ce qu'il veut, que personne n'a de leçon à lui donner. Suffit que quelqu'un lui dise ce qu'il doit faire et il le prend mal. Il se vexe, et envoie bouler. Fait la gueule, ou engueule.
Il y a un fossé abyssal entre le garçon qu'il est le jour, et le garçon qu'il est le soir. Il ne sait pas trop comment gérer ce grand écart. Mais il va bien falloir qu'il apprenne un jour, car on a beau savoir jongler, il arrive toujours un moment où la balle tombe à côté.
Je suis foncièrement convaincu que la vie finit toujours par nous faire payer les choses qu'on a voulu éviter ou qu'on a mal faites.
Alors ce garçon, seul, avec ses envies plein la tête et sa maladresse qui blesse, il a du mal à tout gérer, même s'il a l'air fort comme un roc. Il doit être bien malheureux pour être méchant comme ça, ce garçon.
Non. Recommençons. Disons que ce n'est pas un garçon. Disons que c'est une fille.
Brune.
Plutôt grande, plutôt mince, plutôt pas moche.